Quand vous êtes arrivés sur mon site, vous avez sûrement lu sur la page d’accueil « Depuis peu, je suis slasheuse… ».
Mais, qu’est-ce que le « Slashing » ?
J’ai eu l’occasion de travailler autour de cette notion, dans le cadre de la rédaction de mon mémoire de recherches, lors de ma formation à l’université de la Mode.
Voici donc un extrait de mon mémoire, pour vous expliquer ce que signifie être « slasheur ». Peut-être vous reconnaitrez-vous ?

« Le terme « Slasher » est un anglicisme dérivé du mot « slash », que l’on peut abréger par le symbole « / ».
Ce terme est tout d’abord apparu dans la presse anglo-saxone en 2007, à la suite de la parution d’un ouvrage clé : One Person/Multiple Careers de Marci Alboher[1].
Dans cet ouvrage, l’auteur explique que pour être heureux au travail et dans sa vie personnelle, on peut avoir plusieurs carrières plutôt qu’une seule.
C’est-à dire qu’il est possible de cumuler plusieurs métiers, parce qu’ils nous plaisent, et ainsi ne pas se sentir limités dans notre carrière professionnelle. Marci Alboher emploie dans son livre le terme « Slasher », pour désigner ces personnes qui cumulent plusieurs activités par plaisir.

Pour être Slasher, il faut avoir une activité professionnelle principale permettant un équilibre financier. Cette activité doit permettre dans un premier temps de subvenir à ses besoins, pendant la phase de démarrage des différentes activités professionnelles annexes. Ces activités annexes sont autant de possibilités de carrières futures. Il n’y a pas de « Slasher type ». Chacun choisit les activités qu’il souhaite développer, et chacun est libre de changer, d’arrêter ou de créer de nouvelles possibilités de carrière.
Marci Alboher nous explique que ces activités annexes, sont bénéfiques pour faire progresser professionnellement. En effet, elles jouent le rôle de tests pour savoir si le métier nous plait ou s’il est viable. Cela permet de contrôler sa carrière et de véritablement choisir ce que l’on souhaite faire.

Avec les difficultés économiques survenues ces dernières années, il est important de différencier les personnes qui cumulent plusieurs emplois par nécessité, et les Slashers.
Les Slashers sont des personnes qui cumulent plusieurs activités, mais seulement pour pouvoir mener toutes leurs passions de front et véritablement s’épanouir au travail.
Les Slashers cherchent souvent à professionnaliser leur passion, à faire devenir réalité une idée personnelle. Le régime de l’auto-entrepreneur, comme nous l’avons vu précédemment, leur permet aisément de se lancer dans de nouvelles activités.

 

De nos jours, avec l’essor de la technologie, il est possible de rester connectés avec le monde entier, et avoir un accès quasi instantané et illimité à l’information. Cet essor est bénéfique pour les Slashers, qui sont avides de savoirs. Internet est devenu l’espace de formation des Slashers.
Ils se forment par eux-mêmes, en apprenant de l’expérience des autres, ou en recherchant de nouvelles idées aux quatre coins du globe.
Les Slashers créent généralement leur entreprise, et apprennent à la gérer par eux-mêmes.
Ils apprécient d’échanger avec d’autres jeunes créateurs d’entreprises, afin de continuer à se former, mais aussi de trouver la trajectoire professionnelle qui leur convient, en mixant leurs connaissances acquises au gré des collaborations ou des apprentissages…
C’est ainsi que les Fablabs, par exemples, peuvent être de bons espaces de travail et d’échanges pour des Slashers passionnés de design ou de technologies.
Les Slashers se nourrissent en permanence du monde qui les entoure, de façon à faire évoluer leurs connaissances, et ainsi améliorer leurs activités.
Cette transversalité, et cette capacité d’adaptation au changement est devenu une sorte d’art de vivre pour de nombreux travailleurs. C’est une façon pour eux de s’épanouir au travail et de multiplier les expériences professionnelles. Ils allient travail et plaisir, et ne se sentent jamais enfermés dans le marché du travail. »

« Nous pouvons constater que les travailleurs d’aujourd’hui peuvent multiplier les expériences professionnelles, et ainsi gagner en compétences et en
savoir-faire.  De même, les auto-entrepreneurs, se doivent de maîtriser les connaissances de plusieurs domaines, comme la communication, la comptabilité, pour gérer leur entreprise.
Ces nouveaux travailleurs ont des compétences artistiques mais également intellectuelles en matière de gestion, de droit, de marketing…
On les appelle aujourd’hui les « cols gris ».

Autrefois, nous pouvions différencier les ouvriers, des employés de bureaux et cadres exécutants, qui étaient alors respectivement nommés cols bleus et cols blancs.
Mais aujourd’hui, les cadres ou les dirigeants d’entreprises sont également des hommes de terrain qui possèdent des compétences en matière de création ou de fabrication. Nous assistons à une mutation dans les profils professionnels dans les entreprises.

Le groupe Manpower, spécialiste du marché du travail, a publié un article sur cette mutation du profil des travailleurs[2].
Ces nouveaux travailleurs possèdent des compétences multiples, sont donc polyvalents et capables de s’adapter aux mutations du marché du travail.
Ils savent mêler réflexion et production, et ils combinent les emplois des cols blancs et des cols bleus.
Notre société actuelle valorise de plus en plus ce genre de profils. Elle est à la recherche de personnes sachant s’adapter à toutes les situations, ayant des compétences variées,  étant capable de passer du bureau au terrain, de la réflexion à l’action. »

Ainsi, le Slashing est donc totalement pertinent dans notre société contemporaine.
Le régime de l’auto-entrepreneur, le statut de Freelance, permettent à chacun d’avoir un métier évolutif et sur-mesure.
Nous ne sommes plus dépendants du marché du travail, nous créons notre propre parcours professionnel.

Pour aller encore plus loin, je vous invite à lire cet article très complet de Jordane Zangueneh.

Je suis Directrice Artistique/Illustratrice/Styliste, et vous ? 🙂

[1] Marci Alboher, One Person/Multiple Careers : A New Work Model for Work/Life Success ; éditions Paperback, 2007

[2] « Industrie – Adieu cols bleus, adieu cols blancs : vive les cols gris ! » ; ManpowerGroup, 24 Avril 2013 ( Consulté en Avril 2016 ).
URL : http://www.manpowergroup.fr/industrie-adieu-les-cols-bleus-et-blanc-vive-les-cols-gris/

« Du fait main à la maison au Do It Yourself, ou la place du savoir-faire manuel dans notre société contemporaine »
Mémoire de recherches réalisé sous la direction de Bénédicte FABIEN, dans le cadre de l’obtention du Diplôme Universitaire d’Etudes et de Recherches sur la Mode de l’Université de la Mode à Lyon, durant l’année universitaire 2015-2016.

Extraits proposés et mentionnés dans le corps de l’article :
Les Slashers, en page 59
Les cols gris, en page 62
Pour lire le texte complet, rendez-vous ici.