Introduction

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler en détails d’un projet qui me tient énormément à coeur, et que j’ai fait revivre récemment.
Lorsque parfois je vous évoque un projet de design qui m’a presque coûté ma passion du dessin et de la création, je vous parlais de ce projet-ci. Presque 7 ans plus tard, il est enfin temps de vous raconter l’histoire de Logarythm !

Les origines

Logarythm était mon projet de fin d’études de Design de Mode en 2015.
L’objectif du projet pour obtenir une bonne note : imaginer une marque de Mode et sa première collection. Il fallait créer le logo, imaginer un univers, créer des motifs pour tissu, dessiner les vêtements et accessoires…

J’ai toujours eu un truc avec la mode pour Hommes. Alors je me suis lancée.
J’ai pris mon amour pour les fleurs, et ma passion pour les chiffres (j’ai passé mon baccalauréat avec spécialité mathématiques !), mélangé le tout, et imaginé une marque autour des propriétés mathématiques de la nature.

Logarythm. Le nom s’est imposé de lui-même : un mélange entre le rythme des pétales de fleurs et les logarithmes mathématiques.
La collection de vêtements et les imprimés pour tissu ont suivi le même chemin : des fleurs et des formules mathématiques, associées avec des couleurs douces.

Ancien logo de la marque Logarythm. Il est blanc sur fond noir, avec un dahlia.

Le concept général de Logarythm, était de proposer une mode pour les intellectuels modernes, qui passent plus de temps dans une bibliothèque qu’à faire les boutiques.
Dans mon esprit, à l’époque, je souhaitais une mode facile à porter tous les jours, suffisamment classique pour convenir au monde du travail, tout en ayant un aspect décontracté et fantaisiste pour plaire aux esprits libres.

Avec les remarques de mes professeurs, et mes compétences de l’époque, ma collection de vêtements s’est orientée vers une série de costumes modernisés : chemises, pantalons, et vestes la composaient.

Il y avait encore un travail colossal à fournir en plus de la création des vêtements.
Il fallait faire imprimer du tissu avec mes créations, pour coudre des prototypes de certains vêtements de la collection.
Je devais également fournir des fiches techniques sur la confection des pièces de la collection, en indiquant les matières utilisées, le temps de fabrication, calculer le coût de revient…
Et enfin, particularité des projets de design, il me fallait justifier TOUS mes choix créatifs avec des références philosophiques ou artistiques, pour prouver que mes idées ne venaient pas d’une inspiration divine.
J’ai donc constitué un dossier conséquent, bien organisé et “scolaire” pour un projet de design de Mode !

L’envers du décor

Malgré un projet passionnant et qui démarrait vraiment bien, Logarythm est vite devenu une contrainte.
Je me suis découvert une passion pour la création de logos, alors qu’au contraire, je me suis dégoûtée de l’univers de la Mode.
Avec les enjeux du diplôme, les remarques (critiques?) des professeurs, la pression de la note finale, et aussi mes compétences limitées de l’époque, Logarythm n’est pas devenu ce qu’il aurait dû être au départ.

Pour être complètement transparente sur mes conditions de travail à ce moment-là, je devais jongler entre les remarques contradictoires de mes professeurs, et me dépêcher de créer encore et encore pour les satisfaire. Je n’avais pas assez de force de caractère et de persuasion pour trancher entre tous les avis contraires. Mon savoir-faire balbutiant en dessin ne me permettait pas de donner vie à mes idées comme je le souhaitais. J’arrivais à obtenir un résultat convenable pour moi, et cohérent avec ce que j’avais dans la tête, mais cela ne suffisait pas pour obtenir le diplôme, et mes professeurs se contentaient de critiquer mon style graphique sans me proposer d’axes d’amélioration…
(Je me souviens encore de ce jour où plusieurs de mes professeurs se sont disputées entre elles car elles ne s’accordaient pas sur leurs critiques. Chacune avait son mot à dire sur un détail, et au final rien ne convenait à personne…!)

Je me suis donc retrouvée à moins d’un mois de mon oral de diplôme, sans prototype cousu, et avec une collection de vêtements très pauvre, et que je détestais, car mes professeurs continuaient de refuser en boucle mes créations.
J’ai donc pris le taureau par les cornes et dessiné puis choisi à la hâte des vêtements à présenter pour avoir mon diplôme.

Résultat, je n’étais pas satisfaite de mon travail. Les vêtements que j’avais imaginé ne correspondaient pas à ma vision, mais plus à celle des professeurs. Et le projet total manquait d’un je-ne-sais-quoi, faute de mon manque de maturité créative.
Seule ma planche d’ambiance, ou moodboard, reflétait ce que j’avais véritablement en tête.

En sortant de mon oral de diplôme, ayant “joué ma future carrière” sur un projet bancal, j’étais triste, et j’avais perdu confiance en ma capacité à créer.

La reprise

Plusieurs années plus tard, j’ai retrouvé les reliques de Logarythm au fond d’une pochette à dessins.
Mon style graphique a évolué, ma capacité à dessiner aussi !
Et je suis de nature tenace : lorsque je rate un dessin, je le recommence jusqu’à obtenir le résultat que je souhaite ! Alors je me suis décidée en un clin d’oeil : je vais reprendre ce projet, et ENFIN le faire comme je le souhaite, pour clore cette histoire et me prouver que je suis capable de créer.

En 2021 j’ai commencé à faire des croquis et à établir une feuille de route des éléments à changer ou à ajouter au projet.
La nouvelle idée ? Imaginer Logarythm comme une marque permanente, et pas juste comme le thème d’une micro-collection de vêtements.
La marque s’adresse aux esprits libres, les penseurs, poètes, inventeurs et créatifs modernes, qui veulent s’affranchir des codes de la mode.

Le logo a évolué, perdant sa fleur, mais devenant plus lisible et intemporel.
Le moodboard d’origine est devenu l’inspiration de la première collection, que j’ai nommée “origins”, en référence à la collection de l’époque.
Les pièces présentées arborent certains motifs pour tissu imaginés en 2015, retravaillés et nettoyés, pour rendre les couleurs plus belles.
La collection quant à elle, est un mélange de masculin/féminin, des reprises des vêtements imaginés à l’époque et retravaillés selon mon goût actuel.
La collection “origins” représente ce que Logarythm aurait toujours dû être : décalé, fleuri, et surtout à mon image.

Ce projet me permet de continuer d’appliquer toutes mes compétences créatives, de les maintenir à jour et de continuer d’apprendre : graphisme, stylisme, illustration… tout y passe !

Nouveau logo de la marque Logarythm. Il est blanc sur fond noir, dans une typographie épurée et moderne.
Aperçu de la première collection de la marque Logarythm. Il y a cinq modèles dans les tons de bleu.

L’avenir du projet et conclusion

Une deuxième collection bientôt ? C’est possible !
J’ai envie que Logarythm reste mon terrain de jeu, et une façon pour moi d’exprimer ma créativité sans limite !

Et pour terminer cet article, je suis très fière d’avoir pu reprendre ce projet, le faire grandir et évoluer vers ce qu’il devait véritablement être… J’espère que ce « rework » vous plaira autant qu’à moi !